09/11▷16/12- ANNE-CHARLOTTE YVER & MARIE LELOUCHE – DES HORIZONS INVERSES – DELTA STUDIO ROUBAIX

09/11▷16/12- ANNE-CHARLOTTE YVER & MARIE LELOUCHE – DES HORIZONS INVERSES – DELTA STUDIO ROUBAIX

vernissage en présence des artistes
le 09 Novembre de 18h30 à 22h

DES HORIZONS INVERSÉS

« Des horizons inversés » marque la fin de résidence de Marie Lelouche et Anne-Charlotte Yver à Delta studio. Durant un temps fragmenté de plusieurs mois, elles ont chacune développé leurs pratiques respectives, en suivant leurs fils et sans chercher à les faire coïncider, si ce n’est dans l’articulation des pièces produites, dans l’expérience de l’espace et des déplacements des corps au sein d’un même espace.

À première vue, les sculptures d’Anne-Charlotte Yver (FR, º1987) peuvent évoquer un laboratoire alchimique imaginaire. Les réseaux de tubes de plexiglas pliés en alvéoles étirées contiennent les résidus de sculptures antérieures de l’artiste que l’acide a dissous et métamorphosé en liquide jaune vif. Bile mélancolique engendrée de souvenirs épais et compacts, leur apparence renvoie aussi à des corps robotiques et/ou organiques qui, tels la créature du golem, gisent, transpercent des plaques transparentes telles des broches médicales ou se dressent au garde-à-vous dans le vide. Ces carcasses transfigurées sont ouvertes à certains endroits, laissant le doute quant au moment où elles pourraient s’animer et se répandre pour mordre doucement la matière du sol et la façonner en l’altérant. Architectures aléatoires d’intestins aussi, de tubes qui digèrent et recrachent les aliments, transmutant la matière. L’image d’un réseau monstrueux et chaotique de neurones tentaculaires enchevêtrées dans lequel des fluides indéterminés tenteraient – en vain finalement-, de circuler est finalement associée aux pièces d’Yver. (…)

Le travail de Marie Lelouche (FR, º1984) s’articule aussi – entres autres – autour de la question de la transmutation. Articuler est un mot à ne pas prendre à la légère pour aborder sa démarche. Il lui permet de déployer un récit fragmentaire. Il peut être pris au sens de l’oralité, de l’émission de sons vocaux à l’aide de mouvements de la bouche, de la langue ou transposé en signes graphiques qui interagissent avec l’image. Mais l’articulation intervient aussi dans le rapport à l’espace. Marie Lelouche utilise un scanner 3D qui numérise la prégnance de celui-ci et reporte les données des volumes sur un support bidimensionnel en polyester synthétique, sorte de pellicule translucide, dans une quête ubuesque assumée de la transmutation de la réalité en devenir, afin justement de questionner l’image et sa platitude, ce qu’elle aveugle ou cache, ce qu’elle engendre comme simulacre. (…)

Fragments du texte de Maud Salembier

 

DELTA STUDIO

158 rue Pierre de Roubaix – 59200 Roubaix
studio2delta.com

 



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