Raphaël Barontini – Bal Violon – 15 au 30/11 – Espace 29, Bordeaux

Raphaël Barontini – Bal Violon – 15 au 30/11 – Espace 29, Bordeaux

Exposition personnelle Bal Violon de Raphaël Barontini sous le commissariat de Pierre-Antoine Irasque du 15 au 30 Novembre 2019 dans le cadre de la Quinzaine de l’Égalité à l’Espace 29, Bordeaux.

Vendredi 15 novembre

conférence à 15h au CAPC est proposée autour des nouveaux arts textiles contemporains avec Bernard Lafargue, Sonia Recasens et Raphaël Barontini

– vernissage [performance] à 18h à l’Espace 29
en présence de l’artiste et des conférenciers

Une exposition dans le cadre de la Quinzaine de l’égalité, la diversité et la citoyenneté, soutenu par la Mairie de Bordeaux, en partenariat avec le CAPC – Musée d’art contemporain de Bordeaux, l’Université Bordeaux Montaigne et la Maison de la Recherche.

Raphaël Barontini propose une exposition personnelle de tentures, drapeaux et capes au sein de l’Espace 29.
L’artiste peintre posera cet archipel artistique et poétique à Bordeaux, pour un exercice d’hybridation de l’histoire de la Ville dans la traite négrière avec quelques œuvres in situ reprenant notamment les figures de Dutty Boukman, Toussaint Louverture ou Modeste Testas…
Ces compositions picturales hybridant époques et esthétiques, personnages et portraits historiques, peindront l’horizon métissé d’un récit dorénavant mêlé pour nous partager une force et un espoir de ré-appropriation de notre propre Histoire.
Une conférence au CAPC avec Bernard Lafargue, Sonia Recasens et Raphaël Barontini approfondira l’esthétique des arts textiles contemporains où la créolisation semble être un prisme et une dynamique intéressante afin d’imaginer les créations d’aujourd’hui et de demain.
Un travail de médiation accompagnera tout le projet avec l’organisation de visites guidées.
Les œuvres de l’artiste Raphaël Barontini créoliseront la Quinzaine et Bordeaux de par leurs regards bienveillants sur l’avenir d’un « Tout-Monde ».

Raphaël Barontini_exposition Bal Violon_Espace 29 Bordeaux
Vue de 1-54 Contemporary African Art Fair, New York. Toussaint Bréda, 2019 impression numérique et sérigraphique sur tissu. 350 x 220 cm

« J’appelle Tout-monde notre univers tel qu’il change et perdure en échangeant et, en même temps, la “vision” que nous en avons. La totalité-monde dans sa diversité physique et dans les représentations qu’elle nous inspire : que nous ne saurions plus chanter, dire ni travailler à souffrance à partir de notre seul lieu, sans plonger à l’imaginaire de cette totalité. Les poètes l’ont de tout temps pressenti. Mais ils furent maudits, ceux d’Occident, de n’avoir pas en leur temps consenti à l’exclusive du lieu, quand c’était la seule forme requise. Maudits aussi, parce qu’ils sentaient bien que leur rêve du monde en préfigurait ou accompagnait la Conquête. La conjonction des histoires des peuples propose aux poètes d’aujourd’hui une façon nouvelle. La mondialité, si elle se vérifie dans les oppressions et les exploitations des faibles par les puissants, se devine aussi et se vit par les poétiques, loin de toute généralisation. »

Edouard Glissant, Traité du Tout-Monde, 1997
Raphaël Barontini_exposition Bal Violon_Espace 29 Bordeaux
Vue de l’exposition « Saxifrage Umbrose II », La Générale, Sèvres. Saccade, 2014 matériaux divers, projection de gifs dans une palme.

Depuis plusieurs années, Raphaël Barontini s’emploie à donner une visibilité picturale, poétique et politique aux visages et aux corps de l’histoire noire. En ce sens, il fouille l’iconographie d’une histoire de l’art globale et plus spécifiquement celle du XVIIIème siècle où cohabitent les Lumières et l’esclavage. Par là, il met à l’honneur les figures emblématiques et anonymes écartées des récits nationaux. L’artiste hybride les iconographies : bourgeoisie européenne, cours africaines, imageries populaires, archives ethnologiques et anthropologiques. La créolisation fait partie intégrante de son processus artistique : mixer pour relier, mais aussi pour faire apparaître des fractures inhérentes à une histoire violente. Il met ainsi en œuvre la poétique de la Relation chantée par Édouard Glissant, où les cultures, les récits, les traditions, les corps sont entrelacés. Sur des bannières, des toiles sur châssis ou encore des drapeaux, Raphaël Barontini manifeste une constellation noire flamboyante, joyeuse, fière, majestueuse et généreuse. Il participe ainsi à une réhabilitation plastique des traditions populaires européennes et caribéennes telles que la procession, le charivari et le carnaval. Des fêtes populaires qui sont vectrices d’Histoire, d’oralité et de transmission d’imaginaires créolisés.

Extrait du texte Bal Violon de Julie Crenn
Raphaël Barontini_exposition Bal Violon_Espace 29 Bordeaux
Empereur Henri Christophe, 2016 impression numérique et sérigraphique sur tissu.

Raphaël Barontini est né en 1984 en France, il est diplômé de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris et a également étudié au Hunter College of Art de New-York. Il vit et travaille à Saint-Denis, en région parisienne. Raphaël Barontini est représenté par la Galerie Alain Gutharc à Paris, The Pill à Istanbul et Espai Tactel à Valence et Barcelone. Il a également participé ces dernières années, à des expositions collectives avec les galeries Mendes Wood au Brésil et Stevenson en Afrique du Sud. Le travail de Raphaël Barontini a aussi été montré dans des Biennales Internationales comme à Lima (Pérou), Bamako (Mali), Thessalonique (Grèce) et Casablanca (Maroc). Institutionnellement en France, il a exposé au MAC VAL à Vitry, au CAC La Traverse à Alfortville, à La Maison des Arts de Malakoff, au MIAM de Sète ou encore au Centre d’art du Cyclop à Milly-la-forêt. Raphaël Barontini prépare deux expositions personnelles institutionnelles aux Etats-Unis au SCAD Museum of Art à Savannah, GA (octobre 2019) et au Texas au Fort Worth Contemporary Arts (mars 2020). Après une résidence réalisée en Haïti en 2013, il a passé deux mois en résidence à Los Angeles au cours de l’été 2017 avec le programme « Labrea Artists Residencies ». Raphaël Barontini est le lauréat 2020 de la résidence LVMH Métiers d’art et partira travailler dans ce cadre 6 mois à Singapour dans une usine du groupe de luxe.

Espace 29
29 rue Fernand Marin Bordeaux
Mercredi au Samedi, de 15h à 19h
Visites guidées : chaque mercredi et samedi, avec une médiatrice

CAPC Musée d’Art Contemporain de Bordeaux
7 Rue Ferrere, 33000 Bordeaux