Nous, qui errons dans la nuit – 09/01 au 07/03 – Galerie C, Neuchâtel

Nous, qui errons dans la nuit – 09/01 au 07/03 – Galerie C, Neuchâtel

Exposition collective Nous, qui errons dans la nuit à la Galerie C de Neuchâtel du 09 janvier au 07 mars 2020 avec les artistes David Moses, Isabelle Roy, Augustin Rebetez, Emeli Theander.

Vernissage jeudi 09 janvier à 18h

Mercredi 22 janvier, 18h00 – Visite guidée de l’exposition

Samedi 07 mars, 11h-12h30 – VIVRE, C’EST TRANSMETTRE ? Débat-rencontre avec La Ribot, Mathilde Monnier, Diane-Lou Pellaud-Eastes, Valentin Girard et Jürg Schiffmann, conçu et animé par Anne Grussner-Weiss
14h-18h – Finissage

Nous sommes les pensées arborescentes qui fleurissent sur les chemins des jardins cérébraux. (1)

Dans un basculement, nous entrons dans une logique du changement, de l’instable et de l’étrange. Endormi.e.s, nous veillons pourtant.

À la dérive, DAVID MOSES, ISABELLE ROY, AUGUSTIN REBETEZ et EMELI THEANDER rêvent ces autres lieux, ces contestations mythiques et réelles de l’espace où nous vivons (2). Dans une juxtaposition du palpable et du mystérieux, chacun nous emporte dans une poésie consciente : en milieu mouvant, les repères sont trompeurs.

Les couleurs nous étourdissent et la matière nous assaille : dans une danse hypnotique, David Moses nous invite à nous perdre dans des mises en scène où les personnages nous sont étrangement connus, à dépasser l’immobilité de la surface pour entrer dans un mouvement enivrant.

Le vertige se poursuit dans la prolifération de la Chambre des Rêves d’Isabelle Roy. Objets accumulés et placés, chaque détail nourrit l’espace au point que certains sont voués à rester cachés. Dans un mélange de temporalités et de lieux, on ne pourra jamais réellement en faire le tour. Enfermé.e.s entre émerveillement et inquiétude, c’est l’existence qui s’y questionne.

Plus loin, dans un monde d’ombres, des silhouettes noires découpent un mur et surplombent les êtres animés en contrebas. Augustin Rebetez s’amuse d’une immédiateté et construit au croisement des formes un univers cauchemardesque mais caustique.

Un nouvel environnement apparaît. Dans une lueur aquatique et végétale, les créatures d’Emeli Theander nous observent. Une dualité menaçante se dégage des jeux de reflets des paysages, à la fausse douceur onirique. Une tranquillité grave émet des personnages doubles et hybrides : c’est notre fragilité humaine qui se déploie.

Dans la pénombre, l’imagination complète ce qui échappe à la vue, tente des percées dans le réel. Conscient.e.s que les actions que nous menons en pleine lucidité ne sont que des îlots dans un archipel de rêves (3), nous marchons.

Découvrez d’ores et déjà La Chambre des Rêves d’Isabelle Roy, ici.

(1) Robert Desnos, P’OASIS, Corps et Biens : Éditions Gallimard, 1968, p.65.
(2) France-Culture, Heure de culture française – Les utopies réelles ou lieux et autres lieux, émission de Robert Valette, intervention par Michel Foucault, Les Hétérotopies, 7 décembre 1966.
(3) Paul B. Preciado, Un appartement sur Uranus : Éditions Grasset, 2019, p.17.

exposition Nous, qui errons dans la nuit_Galerie C Neuchâtel_©Emeli Theander-Snake Boy-2019
Emeli Theander, “Snake Boy“, huile sur toile, 40×30 cm, 2019
exposition Nous, qui errons dans la nuit_Galerie C Neuchâtel_©David Moses-36TCC010M0808-Silly Symphonies Series-2019
David Moses, “36TCC010M0808 (Silly Symphonies Series)“, pastels, encre et acrylique sur toile, 40x50cm, 2019

Visuel de présentation : Isabelle Roy, “La Chambre des Rêves“, installation, 23’40”, loop, 2016-2019

Galerie C
Esplanade L.-Robert 1a, 2000 Neuchâtel, Switzerland