Ghyslain BERTHOLON – PUISQU’IL EST ENCORE TEMPS, Poézies – 27/09 au 27/10 – Art22 Gallery Bruxelles

Ghyslain BERTHOLON – PUISQU’IL EST ENCORE TEMPS, Poézies – 27/09 au 27/10 – Art22 Gallery Bruxelles

Exposition « Puisqu’il est encore temps, Poézies » de Ghyslain Bertholon du 27 septembre au 27 octobre 2019

Pour l’inauguration de son second espace d’exposition situé également Place du Jeu de Balle, Art22 Gallery vous présente en exclusivité belge l’exposition personnelle de l’artiste français Ghyslain Bertholon. Fidèle à ses exigences depuis sa création en 2006, la galerie a reconnu dans la personnalité artistique de Bertholon des qualités indispensables telles que technicité, originalité, et identité.

« De quoi rêves-tu ? » pourrait demander le génie de la lampe magique. Traduisez : « Dans quel monde veux-tu vivre ? » Il y aurait bien des choses à changer pour un esprit juste, mais Ghyslain Bertholon met l’accent sur les ravages de la violence et de la domination, non seulement entre humains, mais aussi vis-à-vis des autres espèces et de mère nature.”  

Ghyslain Bertholon est né en 1972 à Lyon. Il vit et travaille aujourd’hui aux portes du parc naturel régional du Pilat. Après avoir obtenu en 1998 son diplôme aux Beaux-Arts, il excelle dans un art polymorphe, intriguant et incroyablement visuel. En jouant sur le signifiant et le signifié, entre ce que vous voyez et ce que vous imaginez voire interprétez, Bertholon nous donne une définition d’une poétique contrepèterie certes teintée d’humour mais toujours éblouissante de sens. Avec habilité, il associe des symboles et des images, souvent animalières, afin de leur conférer une nouvelle lecture immédiate libre de tout mode d’emploi ennuyeux. Parfois d’une simplicité désarmante mais efficace, les œuvres créées par Ghyslain nous permettent de récupérer également notre regard d’enfant, sensible à la magie des images. 

Ainsi, les macabres trophées de chasse deviennent sous la patte de Bertholon des “Trochés de face” perpétuellement indomptés, gibier ou proie voulant sauver leur peau à tout prix. Désopilante critique de la vanité des chasseurs prise à contre-pied, ici à “contre-cul”, les “Trochés de face” sont des exemples d’un monde animal qui tente d’échapper à toute domination (puisqu’il est encore temps) en préférant aussi lui montrer son postérieur. La meilleure des métaphores ne reste-t-elle pas la métaphore animale afin de dénoncer les nombreux rapports de domination, la réalité tangible dans laquelle nous évoluons et de vivement nous inviter à reconsidérer nos relations avec nos congénères à deux ou plusieurs pattes ?  

Dotée, depuis toujours, d’une charge écologique mordante (la première œuvre “officielle” de l’artiste est son Jeune loup au repos  datée de 2003) les Poézies de Ghyslain Bertholon nous rappellent avant tout la fragilité de notre planète, un sujet aujourd’hui incontournable de toute réflexion sur le futur résolument proche. “Montre-moi ton monde, je te dirai qui tu es” pourrait-nous demander l’artiste qui d’œuvre en œuvre nous exprime bien cette ambivalence, cet équilibre fragile et indissociable qui lie le microcosme au macrocosme, le Recto au Verso. Et pourtant, les hommes se regardent dans le noir des orbites, se reconnaissent dans leur essentiel squelettique mais se tirent dessus en dressant leurs propres armées de soldats de plomb… 

Ghyslain Bertholon est bien un artiste du rêve, un rêve suffisamment organisé pour nous faire croire que l’on peut encore éviter le cauchemar. Même si l’on sait que, comme dans tout rêve, on risque d’assister impuissant au déroulement de la catastrophe (écologique) à venir. Et un rêve fichtrement bien raconté : la symbolisation secondaire est une des forces de Ghylsain Bertholon : les images sont mises en histoires, prêtes à être contées collectivement. Contrairement à d’autres sculpteurs contemporains, où souvent le corps primitif se fait entendre prioritairement, il est affaire ici de figuration de mots et d’idées qui, à force de déplacement et de travestissement, se métamorphosent en images d’une grande force poétique.

Citations du texte “Ghyslain Bertholon – “Le Rêve en Jeu” de John Lippens.

Art 22 Gallery
Place du Jeu de Balle, 56
B-1000 Brussels Belgium