Maëlle galerie

Maëlle galerie
Créée en 2012 par Olivia Maëlle Breleur, la galerie Maëlle soutient la création contemporaine à l’échelle nationale et internationale. En 2021, la galerie quitte Paris intra muros et multiplie par 5 sa surface d’exposition pour une troisième adresse dans le Grand Paris à KOMUNUMA, Romainville. La galerie est également présente dans diverses foires internationales depuis plusieurs années : ZsONA MACO (Mexico), Untitled (Miami), AKAA (Paris), Art Paris (Paris) pour ne citer que celles là.La Maëlle galerie est par ailleurs membre actif du Paris Gallery Map et du Comité Professionnel des Galeries d’Art.LA GALERIE MAËLLE, UN DOUBLE COMBAT : DÉCONSTRUIRE SON CORPS SYMBOLIQUE ET SE RÉINVENTER FACE AU MONDEEn 2004, Gaston Kelman écrivait un pamphlet sarcastique « Je suis noir et je n’aime pas le manioc », une phrase puissante et ambiguë qui déconstruit le stigmate d’être noir en France. Un stigmate qui ne vient pas uniquement du regard blanc, mais qui existe également au sein de la communauté noire qui nourrit les stéréotypes de ce que devrait être « leurs esthétiques ». Si on extrapole cette phrase au monde de l’art, il est possible de dire : « Je suis noir et je n’aime pas le vaudou », « Je suis noir et je n’aime pas Basquiat », « Je suis noir et je n’aime pas Beyonce » ou pire : « Je suis noir et je suis pas une victime post coloniale ».Ces phrases, dans une première lecture, peuvent être comprises comme un postulat clivant face aux icônes de la communauté noire, face aux symboles de la résistance, mais elles ne sont rien de plus qu’un geste de libération et de déconstruction pour permettre à d’autres courants de pensée de s’infiltrer, de couler comme un liquide frais et multicolore dans cette roche qu’on appelle la négritude.Les combats de Maëlle s’appuient sur ce contre-discours. Un discours qui échappe à la victimisation, un discours qui évite de donner au public ce qu’il attend d’une galeriste noire, un discours qui bouscule l’exotisme, un discours conscient de ce que c’est que prendre la parole depuis Paris et générer un flux articulé libre de tout concept prédéterminé. Pour comprendre ces dynamiques complexes, il est important de repérer le personnage dans les coulisses. La Galerie Maëlle est dirigée par Olivia Maëlle Breleur, une jeune femme au double cursus, à la fois diplômée des Beaux-arts de Martinique et manager en marché de l’art, formée dans une grande école parisienne. Elle a grandi dans les Caraïbes en écoutant les conversations entre son père l’artiste Ernest Breleur, Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau lui-même. Ainsi, son projet s’équilibre entre le fait d’être une femme antillaise et le fait d’être une galeriste parisienne ; dans aucun de ces deux espaces il n’y a de place clairement défini et c’est sa force.En tant que galerie parisienne, il ne s’agit pas pour Maëlle de fortifier un ghetto et de devenir un refuge d’artistes noirs avec une « esthétique traditionnelle caribéenne ». L’intention est plus complexe, on pourrait parler de construction de la contemporanéité à partir d’une logique créole. D’articulations. Cela permet à la galerie de fondre une artiste Mexicano-américaine avec un artiste Vénézuélien, de représenter un artiste de la France hexagonale dont les recherches portent sur le corps androgyne médiéval, ou un artiste queer de La Réunion sans se soucier de mettre son profil en péril. Construire la contemporanéité à partir d’une logique créole implique d’avoir une conscience limpide de ce monde à l’inverse de ce qu’il représente aujourd’hui, c’est construire une pensée archipélique formée de discours silencieux face à l’esthétique hégémonique, c’est assumer le post-féminisme comme une possibilité de revendiquer le corps, le plaisir et la beauté. C’est comprendre la nature à partir d’une logique animiste et exubérante, c’est comprendre la fête comme un critère pour réinventer l’ordre, c’est reconnaître l’infini et le global à partir de l’union des fragments, une union où la culture du carnaval et des mass media, peuvent être aussi importantes que la culture vaudou.Cette diatribe dépasse le domaine purement esthétique pour entrer dans le domaine de la micropolitique. Chacune des actions développées par la galerie peut être lue comme une guerre silencieuse face à la vérité absolue du monde réel et les inégalités du monde d’aujourd’hui. Tout cela place Maëlle à un point intermédiaire entre une galerie de promotion et une plate-forme de défense des minorités. Avec Maëlle, l’objectif n’est pas seulement de montrer une sélection d’artistes qui opèrent dans une logique créole, et qui méritent d’avoir une place sur le marché. Ici, chaque exposition est un manifeste sur la rencontre de la différence et sur la résistance face au pouvoir.Aujourd’hui, la galerie fait vrombir ses moteurs pour un nouveau défi : changer d’échelle, en abandonnant son petit espace de Belleville pour occuper une grande galerie au sein de KOMUNUMA. Sans le vouloir, la galerie est devenue un bastion de résistance, bien différente des grandes galeries qui défendent des artistes noirs bien cotés sur le marché… De l’utopie, typique de la jeunesse, la galerie Maëlle résiste au système et parie sur un autre avenir possible, sur une autre poétique de la relation et une autre façon d’être au monde. Version courte du manifeste de la galerie Maëlle rédigé par le commissaire d’exposition Rolando J. Carmona en septembre 2021, publié dans son intégralité dans le numero consacré aux « Révoltes silencieuses » dans la revue AFRIKADAA
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