mounir fatmi – KEEPING FAITH, KEEPING DRAWING – à partir du 29/11 – Analix Forever Genève

mounir fatmi – KEEPING FAITH, KEEPING DRAWING – à partir du 29/11 – Analix Forever Genève

Exposition KEEPING FAITH, KEEPING DRAWING de mounir fatmi à partir du 29 novembre 2019, galerie Analix Forever Genève

Vernissages vendredi 29 novembre de 18h à 22h
Samedi 30 novembre de 12h à 20h
et dimanche 1er décembre de 11h à 17h (brunch)

Commissariat Barbara Polla

Les dessins de mounir fatmi, s’ils restent encore confidentiels, sont fondateurs. Car si l’artiste est connu et largement reconnu pour ses grandes installations, ses sculptures et désormais aussi pour ses vidéos et ses photographies, il dessine depuis toujours. Non seulement il dessine depuis toujours – certains dessins datent de 1995, 1996 et si l’artiste, souvent saisi par l’autocritique, en a éliminé un grand nombre – mais ceux qui restent, particulièrement précieux, nous parlent des thèmes fondamentaux du travail de mounir fatmi : les ciseaux, la coupure, celle du cordon ombilical, de la langue et du langage ; l’amputation, la rupture culturelle, la nécessité de refaire lien pour survivre ; la greffe enfin, physique, corporelle, culturelle. fatmi : « On y trouvera un corps mutilé, composé, recomposé, comme une apparition ; un corps sans jambe, une jambe dans un autre dessin, et un cordon ombilical qui relie les corps ; beaucoup de détails que l’on retrouve dans mes vidéos. »
L’association des trois couleurs rouge, blanc et noir est typique du dessin de mounir fatmi et tend à former un code chromatique à la fois symbolique et émotionnel. Rouge : le lien ; blanc : l’oubli ; noir : l’espoir de donner une forme au moins provisoire à des apparitions graphiques instables et fragiles, parfois proches de l’évanescence : ainsi, dans Animation (une série de dessins initiée en 1998), de fines silhouettes de cigognes migratoires et divers noms de pays se superposent à des séries de courbes et de boucles telles des câbles ou des cordons ombilicaux. Rouge, blanc et noir.
Depuis 2015, fatmi reprend une activité intense de dessin, autour de certains de ses thèmes de travail essentiels : la migration, l’exil, l’identité, le corps, notamment avec la série L’Île des racines. Les séries Tout est connecté et White Matter sont également des matérialisations des obsessions de fatmi : la fragilité, les liens, les connexions, notre cerveau… la matière blanche transmet les impulsions nerveuses et propage des informations dans le système nerveux ; la myéline qui entoure les axones est responsable de la conduction rapide du signal électrique. White matter fait déjà l’objet d’un livre : le livre, si fragile, si multiple, lui aussi fondamental pour mounir fatmi et qui transmet les informations depuis qu’existe l’histoire humains.
Le dessin est la base de tout, affirmait Giacometti ; fatmi, lui, nous dit que le lien est la base du dessin, ce lien qui perpétue l’espoir, grâce au crayon.

Analix Forever
10 rue du Gothard, Geneva, Switzerland