Mathieu Dufois – Une ombre qui jamais ne s’éteint – 06/06 au 18/07 – Praz-Delavallade Paris

Mathieu Dufois – Une ombre qui jamais ne s’éteint – 06/06 au 18/07 – Praz-Delavallade Paris

Exposition personnelle Une ombre qui jamais ne s’éteint de Mathieu Dufois du 06 juin au 18 juillet 2020 à Praz-Delavallade Paris.

Il est communément admis que le dessin se veut le prolongement de l’âme d’un artiste. Si telle était la réalité, cet axiome nous inspirerait spontanément le nom de Mathieu Dufois tant sa philosophie du voir habite ce jeune plasticien né en 1984. Me vient en mémoire cette comparaison de Wittgenstein où l’ambition du philosophe et celle du dessinateur suggère immédiatement et avec force que la saisie des choses entre elles – ce réseau de constellations ou de relations – réside, visuellement parlant, en une mise en relief fondée sur cette juste manière de voir.

La pré-science d’une perception du monde que Mathieu Dufois traduit avec une étonnante délicatesse de laquelle s’échappe une dimension pluri-dimensionnelle où le volume, conjugué au mouvement se joue des limites du langage graphique afin de nous imposer son propre lexique. Le monde est conjointement un théâtre du réel et de l’imaginaire et ce premier opus imprégné de l’Oasis du Fayoum choisi d’en rendre compte à l’appui d’une banque d’images issues de captations réalisées lors de sa résidence sur cette terre d’Egypte d’octobre à décembre 2018. « Reproduire le réel ne m’intéresse pas », précise-t-il. « Je m’attache à travailler son écho, son reflet ». Un travail qui se dévoile comme un désir d’incarnation, d’identification qui résulterait d’une fascination des images amassées lors de ce séjour.

« J’ai beaucoup erré dans des villages épars autour de cette terre irriguée par le Nil, loin d’une civilisation dense. L’émotion particulière que j’ai ressentie dans ces espaces ruraux a été causée par une sensation au temps très singulière ». Un temps retenu, un temps suspendu et des lieux qui ont laissé à l’artiste cette notion étrange de temporalité questionnant jusqu’à sa réalité où plane l’ombre d’un simulacre. Opportune proximité alors qu’il revendique la recherche d’une écriture issue de l’ombre, tels des dessins imprimés par la nature et ses errances diurnes et nocturnes par lesquels, en séparant l’ombre des autres éléments plongés dans la lumière, il relance le visible grâce à l’invisible. N’y voyons pas une contradiction mais plutôt un passage entre deux antres, deux scènes où se passerait l’action, nous n’aurions alors qu’à nous en saisir, vision prégnante qui nous offrirait un régime de perception durable.

René-Julien Praz

Mathieu Dufois est né à Chartres en 1984. Il vit et travaille à Tours. Diplômé de l’École des Beaux-Arts du Mans en 2007, il participe à la Biennale de Mulhouse, FR en 2008 et obtient le premier prix de la Jeune Création. En 2013, il remporte le 2ème prix du Concours Cinémathèque française «Pasolini Roma», FR. En 2015, il est nominé pour le Prix Sciences Po pour l’art contemporain, FR. Son travail a fait l’objet de plusieurs expositions personnelles et collectives dont le CCCOD, Tours, FR ; CRAC Sète, FR ou encore le Musée des Beaux Arts de Mulhouse, FR.

Visuel de présentation : Mathieu Dufois, Al-Fayoum 05, 2020, drawing on paper, 78 x 121 cm (30 23/32 x 47 5/8 in)

Praz-Delavallade Paris
5, rue des Haudriettes, 75003 Paris
+33 1 45 86 20 00
info@praz-delavallade.com
Horaires d’ouverture : Mercredi – Samedi, 11h–19h