HUMANIMALISMES – 07/02 AU 18/07 – ESPACE TOPOGRAPHIE DE L’ART, PARIS

HUMANIMALISMES – 07/02 AU 18/07 – ESPACE TOPOGRAPHIE DE L’ART, PARIS

Exposition collective HUMANIMALISMES sous le commissariat de Paul Ardenne jusqu’au 4 avril 2020 – prolongation jusqu’au 18 juillet – Espace Topographie de l’art, Paris.

REOUVERTURE A PARTIR DU MARDI 19 MAI 2020
Les mesures de sécurité sanitaire seront appliquées
L’entrée sera limitée à 5 personnes à la fois

Artistes exposé.e.s Art Orienté Objet, Joseph Beuys, Tïa-Calli Borlase, Mat Collishaw, Alix Delmas, Jan Fabre, Robert Gligorov, Horst Haack, Joël Hubaut, Joachim Koester, Léa Le Bricomte, Catherine Mainguy, Joanna Malinowska, Maël Nozahic, Agnès Pezeu, Abraham Poincheval, Camille Sabatier

La convocation artistique de l’animal, de plus en plus intense dans le champ de l’art postmoderne, a une raison d’être « identifiante » : l’animal, à sa façon particulière, porte un peu de notre mystère d’humain, « son-corps », en une proportion délicate à établir, est « mon-corps ». Le « devenir animal » (Gilles Deleuze), selon une logique anti-cartésienne, évolue en un « devenir humain ».
L’humain, lui aussi, est un « animal ». Il dérive biologiquement du même rameau que le chien ou, en amont, que la méduse, très vieille ancêtre, au gré des accidents naturels, du « hasard » et de la « nécessité » de l’évolution, ont pu dire les biologistes François Jacob et Jacques Monod. « L’animal que donc je suis », admettait le philosophe Jacques Derrida. Comment oublier que les premières sépultures humaines cumulent ossements humains et animaux ? Que la domestication graduelle des animaux a permis et accéléré, par l’apport d’énergie qu’elle autorise, l’évolution matérielle des hommes ? Qu’il nous est arrivé à nous, humains, de nous comporter comme des « animaux », en reproduisant sans égard pour notre prochain le principe du Struggle for Life darwiniste : c’est là la thèse d’un Giorgio Agamben lorsque, évoquant les régimes totalitaires du XXe siècle, et le principe du droit du plus fort qui y prévaut, le philosophe italien décèle en ceux-ci une phase sans précédent d’« animalisation de l’humanisation » (Giorgio Agamben, Homo Sacer) ?

Une large part de notre potentiel affectif, loin de se diriger vers les humains, se destine aux animaux de compagnie, des zoos ou des réserves naturelles. L’artiste qui réquisitionne à son profit la figure de l’« animal » pour y mélanger sa propre figure d’être humain fait acte, de façon consentie, d’”humanimalité” (Michel Surya). Convoquant l’animalité, c’est aussi la pars animalis de lui-même qu’il fait remonter jusqu’à l’œuvre – en espérant que plus de sens soit donné, par le truchement de l’animal, à ce qu’il est. La stratégie humanimaliste de l’« animal-pour-l’art » est cognitive. Car « mon-corps » ne supporte pas de ne pas se connaître, de devoir supporter trop de doute. Animal, aide-moi à moins me méconnaître.

Paul Ardenne
©Horst Haack_Bestiaire deux mille 1_espace topographie de l'art_Humanimalismes
Horst Haack, Bestiaire deux mille 1 – depuis 2009
Gouache, encre de Chine, crayon de couleur, montage sur édicule de bois à panneaux mobiles – 30 x 21 cm chaque
© Courtesy de l’artiste.

Visuel : Robert Gligorov, King Fish – détail – 1998 – capture d’une performance live, photo Cibachrome sur aluminium – © Courtesy de l’artiste et d’Aeroplastics, Bruxelles

Topographie de l’art
15 rue de Thorigny, 75003 Paris
T. 01 40 29 44 28
topographiedelart@orange.fr
Du mardi au samedi de 14h à 19h