Guillaume Linard Osorio – Seuil critique – 10/10 au 16/11 – Galerie Alain Gutharc, Paris

Guillaume Linard Osorio – Seuil critique – 10/10 au 16/11 – Galerie Alain Gutharc, Paris

Exposition personnelle Seuil critique de Guillaume Linard Osorio à la Galerie Alain Gutharc, Paris jusqu’au 16 novembre 2019.

Vernissage jeudi 10 octobre 2019

Dans Architecture de verre (1910), le poète allemand Paul Scheerbart décrit point par point (cent-onze au total), entre réalisme et (science-)fiction, ce qui constitue une utopie architecturale où la transparence, matérialisée par la paroi de verre opérant à la fois une mise en contact (visuelle) et une mise à distance (physique), est érigée en un idéal qui aura largement dépassé les frontières de l’architecture pour imprégner (et manipuler) profondément les esprits et se voir appliqué dans de multiples domaines (1). 
Dans un monde digital où relations et transactions tendent de plus en plus à devenir « sans contact », l’omniprésence des écrans et des algorithmes a progressivement imposé de nouvelles manières de vivre ensemble et se (dé)connecter, de nouvelles politiques du voir et du dire, de nouvelles formes de voyeurisme et d’exhibitionnisme. Une multitude de filtres et autres masques flirtent avec un fantasme panoptique généralisé (et une surveillance en bande organisée avérée) largement assouvi au travers des nouveaux outils et usages contemporains qui ne sont pas sans laisser de traces, réduisant ainsi une certaine opacité du corps social.

Depuis 2016, Guillaume Linard Osorio utilise le polycarbonate, un matériau synthétique plus léger, résistant et isolant que le verre servant notamment pour la construction de toitures, vérandas, serres, etc. Composé de plaques transparentes superposées, il a la particularité d’offrir un espace intermédiaire à l’intérieur duquel l’artiste injecte à la seringue des encres, alvéole par alvéole. Les coulures rectilignes obtenues par simple effet de gravité, composant lentement des paysages abstraits hyper graphiques, sont parfois déviées au moyen d’une torsion du matériau et stoppées par un système de soufflerie qui agit comme fixateur. Si, dans un premier temps où il a eu recours à cette nouvelle technique, l’artiste a produit des tableaux au format variable, accrochés au mur, il a souhaité ici replacer ces objets dans l’espace, renouant ainsi avec l’usage du matériau (et sa propre formation d’architecte), de sorte à éprouver une certaine « architecturalité » d’une peinture littéralement in vitro

Extrait du texte d’Anne-Lou Vicente, septembre 2019

Visuel de présentation : Composition sur écran n°1 (détail), 2019, 300 x 210 cm © Guillaume Linard-Osorio

Galerie Alain Gutharc
7 rue Saint Claude – 75003 Paris – T 00 33 (1) 47 00 32 10
@GALERIEALAINGUTHARC