David de Tscharner – D’ailleurs, la vie ici

David de Tscharner – D’ailleurs, la vie ici

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L’expo­si­tion D’ailleurs, la vie ici de David de Tscharner fait partie de la pro­gram­ma­tion de Manifesta 13 Les Parallèles du Sud.
Avec le sou­tien de Wallonie-Bruxelles International.

Milan Kundera écrit en 1973 La vie est ailleurs, nar­rant l’exis­tence pathé­ti­que d’un jeune poète tiraillé entre ses aspi­ra­tions lyri­ques, aux­quel­les le titre du roman fait réfé­rence, et son désir irré­pres­si­ble de domi­ner les événements et les autres. Les expo­si­tions D’ailleurs, la vie ici et D’ici la vie ailleurs émettent, au contraire, l’hypo­thèse qu’ici peut être un ailleurs pos­si­ble. Qu’ici tout au moins peut s’accor­der avec l’idée de l’ailleurs, qu’ils ne sont pas inconci­lia­bles. L’art, jus­te­ment, n’est-il pas cette faculté à impri­mer de l’ailleurs sur l’ici, à donner de l’air au réel ? Le dépay­se­ment peut com­men­cer là, main­te­nant.

Les expo­si­tions D’ailleurs, la vie ici et D’ici la vie ailleurs cons­ti­tuent les deux faces d’une même médaille.
D’ailleurs, la vie ici se déploie à Embrun, au centre d’art contem­po­rain Les Capucins et D’ici la vie ailleurs à Marseille, à OÙ lieu d’expo­si­tion pour l’art actuel et chez les com­mer­çants et ate­liers voi­sins dis­po­sant d’un local sur rue. Embrun et Marseille, l’une située à la mon­ta­gne en zone rurale, l’autre une vaste ville en bord de mer, sont deux cités his­to­ri­que­ment terres d’accueil. Cette hos­pi­ta­lité, plus ou moins assu­mée, allait animer ce projet qui com­men­ce­rait par ren­contrer l’autre, celui qui vient d’ailleurs mais aussi celui qui habite ici.

À Embrun, l’artiste suisse David de Tscharner a col­la­boré avec des arti­sans et mem­bres d’asso­cia­tions loca­les : une céra­miste, un tour­neur sur bois, des cou­tu­riè­res, un van­nier, une maro­qui­nière, un sculp­teur sur bois, un métal­lur­giste et une her­bo­riste. Ensemble, ils ont co-signé ses sculp­tu­res-tables, des sculp­tu­res-étagères, des sculp­tu­res-lampes, des sculp­tu­res-assiet­tes, etc, com­po­sant une expo­si­tion modu­la­ble, où la place de chaque pièce semble sus­pen­due à un poten­tiel nouvel agen­ce­ment. Comme un vase ou un fau­teuil qui chan­ge­rait de place au gré des sai­sons, selon l’humeur de son pro­prié­taire.

Avant le prin­temps, lors­que nous échangions sur les pièces à venir avec David de Tscharner, nous pro­je­tions qu’elles puis­sent être acti­vées par le public, à tra­vers des événements, ban­quets, ate­liers et autres concerts, mais aussi tout sim­ple­ment en visi­tant l’expo­si­tion. Depuis, un virus a modi­fié nos rap­ports aux autres et aux objets par­ta­gés. Les œuvres, ampu­tées en partie de leur valeur d’usage, ont été réu­nies selon un mode de pré­sen­ta­tion plus muséal, ren­for­çant par la même leur aspect sculp­tu­ral. L’expo­si­tion, ainsi mise en scène, conserve cepen­dant son poten­tiel com­bi­na­toire, grâce à un accro­chage simple et léger sou­li­gnant le carac­tère à la fois frag­men­taire et auto­nome des œuvres pré­sen­tées.

Extrait du texte de Solenn Morel

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Date And Time

12/09/2020 - 15:00 to
31/10/2020 - 18:00
 

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