Anais Lelièvre, Stratum 7, Ancrages/traversée

Anais Lelièvre, Stratum 7, Ancrages/traversée

par
165 165 people viewed this event.

Anaïs Lelièvre exposition Stratum 7, Ancrages/Traversée, Galerie la Ferronnerie

inauguration jeudi 10 septembre de 14h à 21h
exposition du 10 septembre au 24 octobre 2020  

avec le soutien aux galeries/exposition du Cnap, Centre national des arts plastiques

Anaïs Lelièvre, Du dessin évolutif à l’installation immersive, Bernard Marcelis,  Historien d’art, juillet 2020  (extraits)

Trois éléments – ce qui n’est pas rien – frappent d’emblée dès que l’on est confronté au travail d’Anaïs Lelièvre: l’immersion dans l’œuvre, l’utilisation quasi exclusive du noir et blanc, l’évaporation des repères entre dimensions volumétriques et planes.

Ces quelques paramètres constituent en quelque sorte les souvenirs de ma première rencontre avec la démarche de l’artiste, lors du salon Drawing Now en 2019*. Les codes du dessin avaient littéralement explosé sous mes yeux, l’œuvre surgissant d’un angle, se développant sur toute la hauteur des murs, rampants et s’étalant sur la moquette du stand. La masse de papier se régénérait par strates faites de plis et de replis, générant des anfractuosités sujettes à de nombreuses interprétations. Mais ce qui se dégageait surtout de ce qu’il convient d’appeler une installation, c’était cette puissance de la forme ainsi créée, cette absorption du dessin par la matière, l’apparition d’une concrétion sculpturale quelque peu hostile, à l’image des parois d’une grotte que l’on se prend à effleurer pour en évaluer la tactilité de la surface rocheuse, mais aussi son effet de trompe-l’œil.

Anaïs Lelièvre en est arrivée au fil des années à élaborer un considérable corpus qu’elle intitule Stratum et qu’elle définit comme « une installation immersive d’impressions numériques sur papier (avec agrandissements et rétrécissements) d’un dessin-matrice ». Elle peut y ajouter également des éléments divers récupérés sur les sites où elle a opéré. Ses installations se déclinent en plusieurs phases successives qui ne cessent d’alimenter ce vaste ensemble, à l’aulne de ses déplacements ou des résidences d’artistes qu’elle apprécie particulièrement. Tout le processus – et c’est bien de cela qu’il s’agit dans sa démarche – trouve son origine dans ce souvent modeste « dessin-matrice » évoquant pour l’artiste le lieu visité ou occupé. Ce dessin initial se voit rapidement dupliqué et multiplié, et perdre son identité première dans une modification du rapport d’échelle et de volume…’ 

‘…La grotte évoquée ci-devant pourrait également s’apparenter à une carrière de schiste, une roche de pierre tendre à la structure feuilletée…’ ‘… Une autre acceptation de ce dernier terme renvoyant bien entendu à un support pour l’écriture et le dessin. Si ce n’est qu’ici, la masse l’emporte sur le détail, la monumentalité sur la singularité. On retrouve cependant cette singularité dans son travail d’extrême précision que constituent les ensembles de céramiques intitulés Fêlures et Oikos-poros.

Bernard Marcelis, juillet 2020

*stand de la Galerie la Ferronnerie

STRATUM, 2020 (extraits) Alexandre Colliex, Directeur international de Manifesto 

LA METHODE ET LE MATERIAU

‘…Cette entreprise de déstabilisation, Anaïs Lelièvre l’avait d’abord engagée par une méthode d’accumulation qui n’était pas sans rappeler le mythique Merzbau hannovrien de Kurt Schwitters. Matériaux « pauvres », objets de récupération, bois, carton et papier constituaient l’armature d’un espace aux angles aigus, relief accidenté hérissé de surplombs et stalactites que le dessin venait couvrir en parachevant l’entreprise de déstabilisation par l’étirement de lignes vives. 

Ainsi à Naxos, dans sa résidence à la Bazeos Tower, au Centre d’art contemporain du Luxembourg belge et à Sion, la perte de repères, la métamorphose de l’architecture était obtenue par l’agencement oblique d’objets trouvés et par leur camouflage à partir d’un dessin-source déployé. Labeur acharné qui impliquait le corps de l’artiste dans une véritable construction, la charpente de bric et de broc disparaissant sous un travail de dentelière par le collage infiniment délicat des milliers d’impressions du dessin matriciel.

Un nouveau modus operandi s’est mis en place lors d’une résidence fin 2019 à Saint-Lô (ville bâtie de schiste) puis développé lors d’une exposition au FRAC PACA à Marseille et lors des résidences qui ont suivi. A l’empilement de matériaux de récupération, se substituent les formes usinées en PVC sur lesquelles le dessin-source se trouve imprimé. Loin d’être anecdotique, cette remise en cause du processus créatif et la maitrise d’un nouveau medium modifie le sens même de l’œuvre qui affirme sa proximité avec l’espace architectural et théâtral. La multiplication de modules prédéterminés permet désormais d’envisager la création d’un espace largement modulaire et évolutif, par sa manipulation et redéfinition au fil des présentations. L’œuvre finale ressort moins du bricolage que de la mise en scène…’

Anaïs Lelièvre, Un dimanche à la galerie la Ferronnerie, 13 septembre 14h – 18h

Hors les murs
Anaïs Lelièvre, salon Jeune Création 12.09.20 >26.09.20 En Etre installation Stratum 6, galerie Taddaeus Ropac, Pantin

Pour s’inscrire à cet évènement, Veuillez vous rendre à l’URL suivante :

 

Date And Time

10/09/2020 - 14:00 to
24/10/2020 - 19:00
 

Types d’évènements

 

Catégorie de l’évènement

Share With Friends