Art et Presse, libres échanges – 30/04 au 31/10 – Château de Penthes, Pregny-Chambésy, Suisse

Art et Presse, libres échanges – 30/04 au 31/10 – Château de Penthes, Pregny-Chambésy, Suisse

Exposition collective au Château de Penthes, Suisse “Art et Presse, libres échanges” sous le commissariat de Guillaume de Sardes et de Barbara Polla, commissaire adjointe, jusqu’au 31 octobre 2019.


Vernissage le 30 avril
à partir de 18h

Avec les oeuvres des artistes Maurizio Cattelan et Pierpaolo Ferrari, Le Corbusier, Richard Dumas, mounir fatmi, John Galliano, Jean-Luc Godard, David Hockney, Ali Kazma, Yves Klein, Angela Marzullo, Joanna Malinowska, Fabio Mauri, Tim Parchikov, Estefania Penafiel Loaiza, Pablo Picasso, Kirsten Pieroth, Michael Roy, Jean-Jacques Schuhl, Julien Serve, Philippe Thomas, Jacques Villeglé, Wang Du, Yes Men

A l’heure de bouleversements notables dans le domaine des communications et de la transmission de l’information, la presse dans son ensemble traverse des difficultés et affronte des critiques qui n’échappent à personne. L’époque oscille entre déconsidération des journalistes, accusations de « fake news » et menaces dans la mission voire dans l’existence même des organes de presse, d’une part, et d’autre part le constat d’une dégradation de la qualité de l’information au profit de la quantité et de la rapidité du flux d’actualités.


Alors que la liberté d’opinion et de diffusion des informations est un bien essentiel de nos sociétés, notre Fondation a souhaité se saisir de ces questions qui nous concernent tous, Suisses ici et dans le Monde, étrangers qui sont hôtes chez nous. Avec notamment la collaboration de la Tribune de Genève, qui fête cette année ses 140 ans d’existence, et du Club Suisse de la Presse, nous désirons attirer l’attention du public sur les dangers que font courir à la société les dérives de l’une de nos libertés fondamentales.


« Art et Presse : libres échanges » se concentre sur le traitement artistique de cette thématique essentielle : depuis longtemps déjà, de nombreux artistes se sont saisis de ce phénomène. Ils ont utilisé la presse comme support ou matériau dans leurs créations. Ils ont intégré le phénomène presse dans leur approche artistique, dans leur réflexion. Ils l’ont transformé en un sujet, un objet artistique ou l’ont modifié, altéré voire détruit. Selon le message recherché, la presse, parfois détournée de sa fonction première, devient fondatrice de l’œuvre.


L’approche choisie par notre Fondation et portée par le commissaire de l’exposition Guillaume de Sardes nous confronte tant aux rôles divers que peut jouer la presse dans la création artistique et la vie des artistes qu’aux questionnements des artistes face à la mise en cause croissante de la crédibilité des moyens de communication.


Notre ambition est de susciter le débat par la présentation d’œuvres d’artistes majeurs rassemblées autour de la promotion de la liberté de l’opinion, de son expression, droit fondamental s’il en est qui permet à tout être humain de devenir ce qu’il est.


L’affaiblissement de ces droits et libertés nous concerne tous. Une presse libre, sans pression qui la détourne de ses objectifs essentiels, mais également responsable, objective et exigeante, est fondatrice d’une société libre, qui préserve la liberté de création artistique.

Pour le Conseil de la Fondation pour l’Histoire des Suisses dans le Monde,
Rodolphe Imhoof, Président & Ronald Asmar, Vice-Président
©Michael Roy

S’il fallait ne retenir qu’un petit nombre d’indicateurs caractéristiques de la transition entre sociétés traditionnelles et monde moderne, la naissance de la grande presse, au mitan du XIXe siècle, devrait certainement en faire partie. En donnant accès aux masses à l’information qui était jusqu’alors réservée à une élite, la presse a puissamment contribué à remembrer le champ social, donnant à tous, si ce n’est la maîtrise, du moins une certaine connaissance d’un destin de plus en plus partagé – et partant le désir et la possibilité d’agir sur lui. L’art, qui est aussi à sa manière désir d’action sur le monde, ne pouvait pas ne pas rencontrer, au moment où lui-même se redéfinissait, cet attribut de l’homme moderne : le journal.

Art et presse se sont indiscutablement rencontrés dans les colonnes imprimées. La presse parle des arts – et en parlait beaucoup plus à ses origines qu’aujourd’hui. Au XIXe siècle, les salons, par exemple, faisaient l’objet de longs comptes rendus critiques, parfois signés de plumes prestigieuses. Ces textes étaient composés avec art, si l’on veut bien se souvenir que les aspects formels de la feuille, sa graphie, sa mise en page, peuvent faire l’objet de subtiles recherches, qu’il conviendrait de placer sous le patronage de Bodoni (1740-1813), le plus génial des typographes. Plus simplement, les artistes ont toujours été des collaborateurs nécessaires aux organes de presse. Avant comme après l’introduction de la photographie, que serait un journal sans ses dessins, satiriques ou non ? Une histoire de l’art dans la presse remplirait sans mal un musée entier.

Mais tel n’est pas le projet de cette exposition. Nous avons choisi d’interroger la manière dont la presse est devenue non plus un simple moyen de diffusion, mais un véritable medium artistique, choisi par les créateurs pour sa portée politique, mais aussi esthétique. C’est donc d’intégration, au sens le plus concret du terme, qu’il est question ici.

Guillaume de Sardes

Visuel de présentation : © Tim Parchikov, Burning News 2009-2012

Château de Penthes
Chemin de l’Impératrice 18, 1292 Pregny-Chambésy, Suisse
Du mercredi au dimanche de 13h30 à 18h00
nocturnes prévues en été


© mounir fatmi