Action Hybride – Je suis mon corps / je suis ma mémoire – 28/01 au 09/02 – 59 Rivoli Paris

Action Hybride – Je suis mon corps / je suis ma mémoire – 28/01 au 09/02 – 59 Rivoli Paris

Exposition collective Je suis mon corps / je suis ma mémoire d’Action Hybride du 28 janvier au 09 février 2020 au 59 Rivoli Paris.

ARTISTES EXPOSÉ.E.S:

du Collectif ACTION HYBRIDE : Fur Aphrodite, Maria Clark, Loredana Denicola, Louise A. Depaume, Dumont Louise, Francesca Sand, Vanda Spengler, Elisabette Zelaya

ArtiStes invité.e.s : Larysa Bauge, Jean Francois Bouron, Julien Bouissou, Ex Duo Formation – Sophie Scheifele – Olivier Schlund, Kate Macneil, Hortense Gauthier, Catherine Geoffray, Fanny Gosse, Florence Guillemot, Manon Ka, Emmanuel Lacoste, Natacha Nikouline, Karine Rapinat, Axelle Remeaud, Hope Mokded, Sandra Stanionyte, Gwen Sampe, Julia Rose Sutherland, Dance Baejjahn Company, Segolene Valverane, Tara Vatantour, Olivia Miyake

PROGRAMME
La galerie ouvre tous les jours à 13h sauf le lundi.

Vernissage  jeudi 30 janvier à 19h
20h Memoria corporis II, performance d’Emmanuel  Lacoste, 25 mn
21h Boundaries performance de Gwen Sampe
22h Obedience, performance de Kate MacNeil, 25 mn 

Samedi 1 février 
21h performance “Pain and Release”, de Julia Rose Sutherland, 15 mn 
21h40 Invasive Trauma, performance de Tara Vatantour 35 mn

Dimanche 2 février 14h30-16h30
“IL est possible d’oublier”, poses performées de Maria Clark (corps, bande son et technique mixte). 
Emmenez votre matériel et venez dessiner d’après modèle vivant (poses courtes).

Jeudi  6 février 
20h30 D-bloq danse de Baejjahn dance company 

Vendredi 7 février 
20h30 « Rasur – Haarlos »
Une soumission éthique, performance Ex duo Formation, 2h 
(Sophie Scheifele et Olivier Schlund )

Finissage samedi 8 février
20h30 Singing belt ritual performance de Larysa Bauge, 30 mn
21h30 Hortense Gauthier, 30 mn
22h15 Keep Your Head Up performance de Sandra STANIONYTE, 35 mn 

Dimanche 9 février 
14h booty shake workshops 

Notre corps a une mémoire: il garde en lui les souvenirs enfouis de nos souffrances d’enfants, de fœtus, et même parfois de celles de nos parents et de nos ancêtres. Imprimés dans les muscles, les os et jusque dans la chair; ces douleurs résonnent dans notre corps et se réveillent au fil des événements de la vie. 

La mémoire du corps, c’est partir sur la trace de ces souvenirs profonds que notre esprit a oubliés, mais dont notre organisme se souvient. Le corps est traversé par la mémoire qui laisse ses traces inscrites dans la chair. L’expérience de la corporalité – comme de la mémoire: je suis mon corps, au même titre que je suis ma mémoire. Je suis inséré dans le monde corporellement, et mon expérience du monde me parvient à travers mon corps. Mais non seulement mon corps absorbe de l’information sur le monde, il est, par rapport à mon œil, un objet – ma propriété autant que mon être. 

Avoir conscience de son corps, c’est reconnaître, comme le dit Georges Bataille, que nous sommes des êtres discontinus; seulement nous ressentons tous le même vertige devant cet abîme qui nous sépare et que nulle communication ne pourra supprimer. 

La mémoire du corps se laisse bien plus difficilement oublier que la mémoire mentale. Le corps reste fidèle à son passé, l’intégrant et l’exprimant dans ses gestes apparemment les plus spontanés. Il suffit de penser à quel point le corps refuse de désavouer ses propres circonstances primitives, intégrant obstinément dans ses accents, ses rythmes et ses postures les signes d’appartenance à un temps et un espace spécifiques. 

C’est par cette mémoire incorporée, que le corps individuel intègre le corps social. Car dès son plus jeune âge, le corps se fait “ civiliser “ : on lui apprend à interagir, selon les normes d’une culture, d’une nation, d’une religion particulières. Ce qui est appris par le corps n’est pas quelque chose que l’on a, que l’on peut représenter devant soi, mais quelque chose que l’on est. 

La mémoire du corps est ce qui demeure dans l’homme lorsqu’il a tout oublié. 

La mémoire recommence par une cicatrice, par un corps souffrant, remémorant, malade, fragile; un corps qui est l’interstice qui relie et sépare de tout. 

Nos ordinateurs comportent tous une touche “efface”, dont la simple présence vient souligner la fragilité de la mémoire. Mais y a-t-il un mode de mémoire qui résiste à l’effacement ? Une mémoire indélébile et pour ainsi dire incurable ? 

L’art seul, peut-être, est à même de fournir une réponse palpable à ces questions. Car si le corps est partout représenté dans l’imagerie contemporaine, et s’il constitue, au même titre que le mémoire, un matériau de base pour de nombreux artistes contemporains, le corps ne montre pas sa mémoire : il agit puisqu’il l’incarne. Et dans la mesure où elle n’emmagasine aucune image ou représentation, la mémoire du corps ne peut s’”effacer” que par la destruction du corps lui-même. 

59 Rivoli
59 Rue de Rivoli, 75001 Paris